Voyager "écolo" avec Voyageurs du Monde?

(D’après Le Monde du 12/01/2007)
L’avion contribue au réchauffement de la planète en polluant à raison de 120 kg de CO² par heure de vol et par voyageur. A titre de comparaison, une voiture de 7 cv lâche quelques 26 kg de CO² au100 km.
Fort de ces chiffres (et pour leur donner bonne conscience?), le voyagiste Voyageurs du Monde propose à ses clients de « compenser » les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à leur vol en avion.

Depuis le 11 janvier, ils sont invités à payer leur voyage à l’opérateur et aussi, à régler en ligne, sur le site de l’association CO2 Solidaire, partenaire de l’entreprise, quelques dizaines d’euros supplémentaires.
Ces sommes correspondent au coût estimé des quantités de CO2 émises par l’avion durant le vol, si la compagnie aérienne devait payer des droits à émettre pour ce gaz.

Ces sommes seront affectées, via CO2 Solidaire, au financement de projets de réductions d’émissions de gaz à effet de serre, reconnus responsables pour une grande part du réchauffement climatique.
Deux types de projets ont été identifiés : le financement d’implantations de forêts absorbant plus de CO2 qu’elles n’en dégagent, dans des pays du Sud. Et l’investissement dans des technologies de production d’énergie « propres » (éolienne, solaire) aussi dans des pays en développement.

Si tous les clients du voyagiste jouaient le jeu – ils sont 120 000 – et à raison de 30 euros de « compensation CO2 » facturée par client, 3,6 millions d’euros seraient collectées pour ces projets.

Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du Monde, a aussi décidé que son entreprise « compenserait » les vols effectués par ses salariés lors de leurs déplacements professionnels.
Voyageurs du Monde s’achète-t-elle une image écolo à bon compte ? « Je ne nie pas le caractère marketing de notre démarche. Certains spécialistes de la communication éthique, assurent qu’il existe une clientèle importante pour le « CO2 responsable », même si je n’en suis pas convaincu. En fait, je me moque des interprétations que certains peuvent en faire. Ce qui compte, c’est d’agir », assure M. Rial.

La démarche est innovante. D’abord, l’entreprise appartient au secteur des services qui, avec celui des transports, n’est toujours pas obligé de limiter ses émissions de gaz. Au contraire des groupes européens possédant des sites industriels lourds ou des énergéticiens, contraints de limiter leurs émissions de CO2. Selon un projet de la Commission européenne, les transports, réputés très polluants, seront concernés à partir de 2011.

Par ailleurs, même si le Medef a organisé, fait exceptionnel, une projection du film d’Al Gore, Une vérité qui dérange, dirigeants et syndicats patronaux n’ont pas encore vraiment pris part au débat public qui monte, du moins en France, sur la nécessité de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Ce sont surtout les particuliers qui semblent s’inquiéter des conséquences catastrophiques du réchauffement climatique et de la nécessité d’y faire face. Près de la moitié des Français estiment ainsi, selon un sondage de l’institut CSA paru dans Le Parisien-Aujourd’hui en France et la chaîne d’information i-Télé vendredi 5 janvier, que le réchauffement climatique est « l’enjeu de ce siècle pour l’humanité ».

Rares sont les entreprises, dispensées de participer à la Bourse du CO2 européenne, qui sont concrètement engagées dans des projets de réduction de leurs émissions. Le groupe public Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui émet 30 000 tonnes par an d’équivalent carbone, a comme objectif de réduire ses émissions de 3 % par an et « compense » ce qu’il n’a pas réussi à réduire en investissant les sommes correspondantes dans des projets d’énergies renouvelables dans des pays en voie de développement. La banque HSBC se serait aussi engagée dans cette voie, ainsi que le groupe de STMicroelectronics.

Créée il y quelques mois, la société Climat Mundi qui propose à des entreprises de compenser leurs émissions de CO2 compte déjà 6 PME clientes et est en négociation avec quelques entreprises du CAC 40. L’Ademe, agence publique pour la maîtrise de l’énergie compte 400 entreprises qui ont décidé de faire un bilan de leurs émissions de carbone.

« J’espère que je vais pousser mes concurrents à m’emboîter le pas », assure M. Rial. Selon le Financial Times de jeudi 11 janvier, Exxon Mobil, première compagnie pétrolière au monde, très longtemps opposée aux efforts de réduction des émissions, se montrerait aujourd’hui plus ouverte aux arguments des scientifiques. Cécile Ducourtieux Article paru dans l’édition du 12.01.07.

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(2 commentaires)

    • agata on 4 mars 2007 at 14 h 28 min
    • Répondre

    j’ai trouvé ce site qui traite du sujet co2 et la campagne avion rouge intéressant et je me permets de vous en faire part.

    • Oye 349 on 4 mars 2007 at 20 h 12 min
    • Répondre

    Merci !

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