Rapport sur le coût économique et financier de la pollution : des mesures concernant le transport aérien à l’horizon ?

paper-clip-art2

La chaleur de l’été n’est pas toujours propice à la parution d’études ou de rapports sérieux sur des sujets défrayant en temps normal la chronique. S’agissant de celui de la pollution de l’air, qui a connu une actualité riche au cours de cette année, nos Sénateurs ont rendu public au cours de la première quinzaine du mois de juillet un rapport instructif et étayé sur son coût économique et financier.

Largement relayé par les médias, le problème de la pollution de l’air, véritable mal des temps modernes, est souvent examiné sous l’angle de ses conséquences sanitaires, importantes du point de vue des pathologies qui lui sont associées, mais également de l’étendue des populations touchées. Pourtant, nous avons tendance à l’oublier, la pollution a un coût important, qui se chiffre chaque année à plusieurs dizaines de milliards d’euros, assumé par les pouvoirs publics et les entreprises. Ce coût gigantesque pourrait bien entendu être considérablement réduit si des mesures adéquates, parfois peu complexes et consensuelles, étaient mises en œuvre. Le rapport susvisé liste ainsi un certain nombre de mesures tendant à ce résultat.

S’agissant du transport aérien, ce dernier est identifié dans le rapport et considéré comme un émetteur de polluants non négligeable, notamment d’oxydes d’azote et de particules fines (PM10 et PM 2.5). A ce titre, il est rappelé que « les émissions d’oxydes d’azote de l’ensemble des activités des plates-formes aéroportuaires de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly (fonctionnement de la plate-forme et trafic aérien au sein des 1 000 premiers mètres de l’atmosphère) sont plus de trois fois supérieures à celles du Boulevard périphérique ». Sa contribution au coût de la pollution de l’air est donc réelle. Pourtant, force est de constater que les mesures de lutte contre le fléau mises en œuvre par les aéroports sont très insuffisantes à l’heure actuelle.

Face à ce constat, le rapport sénatorial propose deux mesures :

  • Mettre en place un système permettant de limiter le plus possible la pollution émise par les avions et de mettre fin à l’utilisation des groupes auxiliaires de puissance (APU), moteurs supplémentaires de faible puissance qui permettent de générer de l’électricité pour alimenter les systèmes électriques d’un avion au sol.
  • Promouvoir la technologie du moteur électrique pour le roulage des avions.

A la lecture de ces mesures, on peut bien entendu s’interroger sur leur caractère suffisant au regard des problématiques soulevées dans le rapport, quand on sait que le trafic aérien est en augmentation constante depuis plusieurs années. Le rapport souligne notamment qu’il n’existe pas de règles restreignant l’usage d’avions polluants ou fixant des valeurs maximales admises d’émissions atmosphériques polluantes dont la méconnaissance pourrait donner lieu à une amende. En période de pic de pollution, il n’est prévu de prendre des mesures relatives à l’aviation qu’au troisième jour du pic et si les mesures les plus contraignantes concernant les véhicules ont été prises“. La commission d’enquête souhaite sur ce dernier point que soit étudiée la possibilité, en cas de pic de pollution, de dérouter les avions les plus polluants sur les aéroports secondaires.

Beaucoup de chemin reste donc encore à faire…

Rapport Cout Pollution Juillet15

Share Button

(1 commentaire)

  1. Oui il ne faut pas taper toujours sur les automobilistes

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

Répondez à la question suivante: * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.